Une histoire d'infection à CMV

Une histoire d'infection à CMV

Une deuxième grossesse qui débute avec beaucoup de bonheur... et de nausées. Mais ce ne sont que quelques semaines difficiles, je parviens à relativiser, avec la perspective des vacances qui arrivent comme un soulagement.

La veille du départ, ce coup de fil de mon gynéco : s'il m'appelle, c'est sérieux. « Votre prise de sang montre que vous venez de faire une séroconversion CMV ». Le cytomégalovirus, aucune raison de le craindre jusqu'alors. Que faire ? « Malheureusement rien... Attendre, et voir s'il est passé au bébé ». Je me rends vite compte qu'au premier trimestre, nous sommes dans le pire cas de figure.

Partir en vacances, mais prendre le CMV avec moi, partout, tout le temps, dans la tête et dans le ventre. Me reposer, croire en notre bonne étoile, mais devoir supporter cette impuissance, cette véritable impression de non-assistance à personne en danger. Une échographie à notre retour, seul moyen de nous rassurer en attendant. Le voir bouger, le mesurer, l'observer sous tous les angles : l'équipe de St Luc nous accompagne désormais dans cette galère. Ils en ont vu d'autres, semble-t-il... Il y a donc d'autres femmes dans mon cas.

Le jour de la ponction amniotique arrive enfin, après toutes ces semaines passées à se convaincre que nous ne sommes certainement plus du mauvais côté des statistiques cette fois-ci. Suspendre le temps aux résultats de cette ponction, geler le stress qui n'a déjà que trop duré...

Un second coup de fil mémorable, celui du Professeur Hubinont : « Le CMV a malheureusement passé la barrière placentaire. Il faudra continuer à suivre votre bébé de très près... » Tellement d'angoisse et de tristesse qui m'envahissent d'un coup. Pas d'autre choix que de se raccrocher à chacune des échographies qui ponctuera cette périlleuse ascension, semaine après semaine, portés tous les deux, tous les trois, par la préoccupation rigoureuse de Mme Hubinont et de son équipe. Les images de ce vaillant petit garçon nous apaisent tous, nous nous rassurons de leurs regards rassurés.

L'accouchement est rapide, intense, un peu avant terme, comme pour nous délivrer enfin de cette attente, nous amener à cette rencontre espérée mais redoutée... Les images disent beaucoup et tellement peu à la fois. Notre fils a dissipé tous nos doutes, et calmement, il nous a fait reprendre le cours normal de la vie.

Marie